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27.02.2007
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"La 6ème République arrive"

"La 6ème République arrive"

Posté le 22.03.2007 par lebiographedemontebourg
Montebourg le 15 mars : "La 6ème République arrive !"

Inspirée de Pierre Mendès-France, la voilà qui pointe le bout de son nez... Il était temps. Après tant de batailles, les conventionnels vont peut-être parvenir à faire de cette idée, de ce rêve (n'ayons pas peur des mots) une réalité. Mais il faut encore que Ségolène Royal l'emporte.

Ce qu'en dit Thomas Heams :

Ségolène Royal et la 6ème République : le défi du contenu

Ségolène Royal vient de se prononcer pour une Sixième République. Dans
un contexte politique où les mots comptent, ce pas en avant est une
prise de position dont il y a tout lieu de se réjouir, ce que la C6R a
fait.

Mais il importe désormais de prendre la mesure d´une telle déclaration.
Le principal message de Ségolène Royal à son électorat semble ici être
: nos propositions de changements institutionnels seront telles que
nous ne pourrons que constater que nous sommes dans une nouvelle
République, la 6ème. Ce faisant, elle prend concrètement l´engagement
qu´il ne s´agira pas d´un toilettage et qu´un vrai grand chantier
démocratique sera ouvert. D´ores et déjà, la perspective d´un
référendum « vite fait », dès septembre, semble insufisamment adaptée à
l´enjeu. De toute évidence, il faut un débat citoyen qui prenne son
temps, au moins six mois, et qui associe un Parlement renouvelé et
légitime, et le meilleur des techniques de la « démocratie
participative » chère à la candidate du PS : de vrais débats, de vrais
choix à faire !

En effet, nul n´ignorera qu´en reprenant cette expression, Ségolène
Royal parle à la gauche (Verts, PCF) qui avait repris depuis longtemps
cette revendication , et reprochait régulièrement a la candidate du PS
sa timidité. Elle parle aussi au centre, qui avait préempté un temps
cette thématique, dans des directions très différentes de la gauche,
mais avec parfois des points de convergence qui peuvent être
intéressants dans les temps à venir.

Deux défis font désormais face à Ségolène Royal.

Tout d´abord : tenir bon. Nulle doute que les candidats conservateurs,
parfois les mêmes qui admettent l´épuisement des institutions, vont
railler cette proposition, broder sur
« les-vrais-problèmes-des-français », voire s´arquebouter soudainement
sur la fantastique « plasticité » et « longévité » de la si superbe
Vème République. Dans ce mouvement de reflux, maintenant que Ségolène
Royal a franchi le Rubicon, il lui faudra tenir bon. Montrer que les
questions institutionnelles ne sont pas déconnectées des problèmes des
français, et rappeler sans cesse que si on tient les électeurs en
respect, alors il faut leur proposer, quasiment avant toute réforme, le
cadre démocratique rénové dans lequel celles ci pourront se faire. Si
ce message passe bien, et c´est nous semble-t-il le devoir du PS
désormais, Ségolène Royal a un grand coup à jouer. Elle peut fédérer
son camp, susciter l´écoute de l´électorat centriste voire
conservateur, qui sent bien qu´au fond, notre cadre institutionnel
tombe en lambeaux. Et tant pis pour ceux qui seront renvoyés à la
cohérence de leur prétendue « rupture » qui s´accommode si bien de la
poussiéreuse Vème.

Ensuite : l´enjeu du contenu. Rien ne serait plus triste que de voir
cette annonce gâchée par une querelle politicienne en paternité à
gauche. La 6ème république ne doit surtout pas devenir à gauche un
objet polémique, le lieu de procès d´intention sur la sincérité et
l´ampleur de la démarche. C´est un talisman commun qui doit être
préservé par tous, ce qui n´empêche pas le débat bien sûr. Et c´est ici
qu´une urgence se dessine et qui doit être rattrapée de la part du PS :
actuellement, la vision de la 6ème République de Ségolène Royal reste
timide, et ce n´est pas la suppression du 49-3 et la suppression trop
partielle du cumul des mandats qui suffira à lui donner corps.Avant que
le PCF ou les Verts ne s´emparent de cet axe de critique, Ségolène
Royal à intérêt à donner des gages à gauche, et il se trouve que
justement, elle peut à cet effet puiser dans le logiciel historique du
socialisme, qui sur ce point recontre l´air du temps et les aspirations
citoyennes : Ségolène Royal doit plaider ouvertement pour un régime
parlementaire, tout en insistant sur le non-retour à la IVème par des
gardes fous éventuellement empruntés à la Vème. Une contribution
innovante du PS pourrait par exemple porter sur les garanties nouvelles
données à l´opposition ou sur la revalorisation du rôle du Premier
ministre par la suppression des domaines "réservés" présidentiels
(politique internationale et européenne, nominations de hauts
fonctionnaires, etc.. Le droit de vote des étrangers aux élections
locales, dès 2008, doit être un préalable absolument non négociable.
Une contribution personnelle de la candidate pourrait être le
développement de l´aspect « démocratie participative ». Chacun y
trouverait son compte.

Cela pourrait, là encore, être des thématiques qui parlent à
l´ensemble des citoyens, et pas seulement à la gauche. Car la 6ème
république portera bien sûr, dans une certaine mesure, la sensibilité
de celui ou celle qui la fera, mais elle doit être aussi et surtout le
cadre ou chaque citoyen se sente à l´aise, quelles que soient ses choix
partisans. C´est aussi en cela que la candidate du PS a un rôle
prépondérant à jouer : jouer collectif et équilibrer les propositions
pour que le référendum qui la ratifiera soit gagné in fine. Cela
n´empêchera absolument pas de débattre. La place accordée à la
proportionnelle au Parlement (Assemblée nationale ? Sénat ? quelle
proportion ?), le rôle du Sénat, les échelons locaux : il y a plusieurs
options possibles et pas de drame à ce que sur ce point, les opinions,
notamment à gauche, divergent. C´est aussi dans cet espace que devront
être accueillies les contributions du centre, sur lesquelles des
accords pourraient être trouvés.Tout cela nécessite à l´évidence de ne
pas se contenter d´un comité théodule, qui travaillerait pendant l´été
à une réforme « paquet cadeau » en septembre. Dans le respect de la
démocratie représentative, la campagne des élections législatives doit
être le moment de la mise à feu du débat, et l´Assemblée Nationale de
juin pourrait ainsi se sentir de facto le rôle d´une Assemblée
Constituante, dont la légitimité serait alors indiscutable. Là encore,
gauche et centre pourraient trouver un langage commun, et qui sait,
pourquoi pas une partie de la droite. Elle engagerait alors des
travaux sérieux, en n´ayant pas peur donc d´un bon gros semestre de
débat et de mobilisation des citoyens. Cela n´empêchera pas que la
« démocratie participative », par des outils appropriés, soit ici
convoquée pour venir à l´appui de ces débats au Parlement et pourquoi
pas faire émerger quelques demandes imprévues. Sur ce point, à Ségolène
Royal de nous surprendre !

On peut aussi imaginer conserver le principe d´un référendum à
l´automne, qui aurait une double vocation: prendre un premier train de
mesures urgentes (suppression pure et simple du cumul des mandats;
droit de vote des étrangers aux élections locales etc.) et lancer une
procédure constituante qui se déroulerait ensuite sur plusieurs mois.
Les conditions juridiques et politiques de naissance de la nouvelle
Constitution (assemblée constituante, dispositifs citoyens, référendum
final) seraient ainsi clairement posées.

A bien des égards, la balle est désormais dans le camp du PS : faire
vivre cette proposition qui ne peut-être autre chose qu´une urgence et
s´en servir pour nouer un dialogue transpartisan, et par ailleurs,
affirmer ses valeurs et permettre à chacun de le faire. Si l´élection
présidentielle pouvait servir à cela, ce serait une belle surprise.

Thomas Heams, le 19 mars 2007
administrateur de la C6R




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